Que faut-il attendre du logement connecté en 2019 ?

Jérôme de Lono

17 Sep

7 min. pour lire

2018 a été l’année des bonds technologiques, faisant passer la “domotique” dans l’ère du logement connecté et intelligent accessible pour le grand public. Comment ?

Des fonctionnalités immobilières (intégrées dans le bâti) moins coûteuses et simples à mettre en oeuvre

Fini les micromodules complexes à installer dans les pots de réservations ou dans les tableaux électriques.

Fini la nécessité de faire intervenir un spécialiste pendant la phase chantier pour poser des éléments : un électricien ne fait plus la distinction entre un interrupteur connecté et un interrupteur classique, n’impactant ainsi pas le prix de la main d’oeuvre tout en lui garantissant une marge supplémentaire sur la fourniture.

Fini également les limites de responsabilités et de garanties liées aux micromodules, qui pouvaient impacter le planning chantier mais également faire porter des coûts de SAV et maintenance supplémentaires (parfois même par abonnements subtilement intégrés dans les charges de copropriété).

Fini la mise en place de “box domotiques” coûteuses financièrement et techniquement à cause de spécificités à intégrer lors de la rédaction des Cahier des Clauses Techniques Particulières (CCTP) par les maîtres d’oeuvre.

Fini les paramétrages complexes nécessitant des compétences techniques spécifiques, des logiciels onéreux ou des heures de programmation.

Fini l’obsolescence liée à une technologie propriétaire (parfois ouverte qu’à une poignée d’acteurs) permettant ainsi de mettre l’intelligence dans des objets du quotidien abordable comme un interrupteur ou un thermostat et non plus dans un moteur de volet roulant ou une chaudière qu’il sera compliqué de changer ou de faire évoluer.

Des partenariats forts entre grands groupes, startups et alignement avec la stratégie d’Apple et Google

La fin de l’année a été marquée par le rachat de Netatmo par Legrand, soit un signal fort indiquant que les solutions connectées sont au coeur des nouveaux enjeux du logement (smart home), du bâtiment (smart building) et plus largement, de la ville (smart city). Ces alliances vont permettre de créer des solutions plus résilientes et plus sécurisées, qui vont s’inscrire dans le temps. Sachant qu’un interrupteur a une durée de vie de 8 à 10 ans, mutualiser le savoir-faire d’un industriel spécialiste du secteur et une startup reconnue pour ces produits de qualité apporte de la cohérence à cette volonté.

Il est également important que les acteurs du smart (city, building et home) intègrent et comprennent les stratégies de Google et Apple puisqu’en équipant 100% des smartphones en circulation, et proposant toujours plus de transversalité entre des produits (voitures, électroménagers…) et des services (maps, streaming audio ou vidéo…) cela permet aux utilisateurs d’accéder simplement à leurs préférences sans devoir s’approprier un nouvel environnement, parfois beaucoup plus complexe à prendre en main (et payant !).

A gauche : Car Play (Apple), à droite : Android Auto (Google)

Néanmoins, la sécurité et la compréhension des enjeux liés à la génération de données doivent rester au coeur des discussions et la mise en place par l’Europe du règlement général sur la protection des données (RGPD) en mai 2018 est un premier pas vers une transparence de ce qui est fait de vos informations personnelles.

 

Des applications plus intuitives et des assistants vocaux plus performants

L’une des préoccupations des GAFA est de travailler sur des produits de plus en plus ergonomiques et simples d’utilisation. Ainsi, après Homekit d’Apple, Google a rattrapé son retard en proposant au dernier trimestre 2018 HomeView, dont l’objectif est de réunir l’ensemble des fonctionnalités connectées de votre logement en un seul et même endroit. Celles-ci viennent épauler les applications des fabricants, qui sont obligatoires pour certaines phases de paramétrage et configuration, mais qui, une fois ces étapes réalisées, peuvent être relayées en second plan.

 

 

En haut : Homekit (Apple), au milieu : HomeView (Google), en bas : Home + Control (Legrand)

Il faut néanmoins être conscient qu’un logement connecté et intelligent doit pouvoir se passer complètement d’un smartphone pour fonctionner. Pour cela, plusieurs alternatives sont disponibles :

  • l’apprentissage automatique (machine learning), qui permet déjà d’ajuster votre thermostat en fonction de votre présence, de la météo ou de l’isolation de votre logement.
  • Les commandes physiques ou boutons de scénarios anciennement appelés “commandes générales” (essentiellement pour les volets roulants) mais dorénavant en mesure de contrôler toutes les autres fonctionnalités.
  • Enfin, la montée en compétence des assistants vocaux, même s’il faut considérer qu’il s’agit toujours de solutions en constante évolution et donc sujettes à des bugs, permet d’explorer et d’exploiter d’une manière accessible à tout le monde (enfants, seniors, personnes handicapées…) l’ensemble des fonctionnalités d’un logement en langage naturel.

Des scénarios de plus en plus complexes, simples à mettre en oeuvre

Au-delà des actions “classiques” que propose un logement connecté, un autre avantage est de pouvoir réaliser des scénarios ou des routines plus complexes. Si jusqu’à présent, ceux-ci étaient limités à quelques services et actions, le décloisonnement d’applications initié par Google (App Actions et Slices) et Apple (Shortcuts), permet dorénavant de faire appel à l’ensemble des fonctionnalités présentes dans chacune des applications installées sur votre smartphone, sans devoir les lancer ! Une vraie révolution qui rend obsolète tout moteur de scénarios existant. Voici un exemple (en anglais) :

Keynote d’Apple de septembre 2018

Mais au rythme des évolutions et des mises à jour successives, il peut s’avérer difficile pour un néophyte de connaître ces nouvelles possibilités, c’est pour cela que vous retrouverez de nombreuses propositions de scénarios et de routines sur notre SmartHome Store dès son lancement en 2019 !

Les enjeux et attentes de 2019

Comme nous vous l’annoncions ici, 2018 a été un excellent cru pour le logement connecté et intelligent, marquant ainsi le passage d’un marché de niche à un marché de masse. Tous ceux (et ils sont nombreux !) qui n’envisageaient pas cette transformation en profondeur du secteur ont dû prendre des décisions stratégiques radicales qui leur ont fait soit fermer boutique, soit pris du retard dans la course à l’innovation, soit perdu des parts de marché.

Si 2018 a été marqué par des innovations matérielles, 2019 sera l’année du vocal et des innovations logicielles ! Le CES 2019 nous apprend que Legrand se lance, comme la marque Ecobee, reconnue outre-Atlantic, dans l’interrupteur intégrant directement des micros pour faire office d’assistant vocal, partout dans la maison. Nous verrons également quels sont les acteurs qui mettront à jour leur application pour s’intégrer dans les systèmes Shortcuts d’Apple et App Actions de Google. Certains, comme Philips avec son application Hue ont déjà franchi le pas ! Google et Apple vont, quant à eux, continuer à améliorer leurs propres applications afin de décloisonner encore plus les usages.

En haut : l’interrupteur Ecobee Swith+, au milieu : l’interrupteur Legrand (vu au CES) et en bas l’application de Spotify intégrée avec Google Maps

La multiplication des services (Netflix, Spotify, Molotov.tv…) et l’arrivée sur le marché de l’électroménager connecté, va avoir un impact fort sur la nécessité d’avoir un wifi de qualité, disponible partout et sécurisé dans l’ensemble du logement. Nous assisterons donc à l’essor de “répéteurs”, soit fournis avec les box internet munis de nouvelles fonctionnalités intégrées, soit par le biais de produits spécifiques comme Ubiquiti, Orbi ou Google Wifi.

En haut : la présentation de l’électroménager connecté de LG au CES 2019, en bas : la couverture d’un logement grâce à la technologie Wifi Mesh

Même si les objets connectés et leurs environnements sont de plus en plus accessibles pour l’ensemble de la population, la multiplicité des références, l’analyse de l’existant ou encore le besoin de sécurité feront émerger une catégorie de professionnels en mesure d’accompagner tous les profils, tout en étant capable de faire le lien avec les professionnels traditionnels.

Enfin, nous espérons que des solutions moins dépendantes des GAFA feront leur apparition. En 2018, une startup nommée Snips s’est lancée le défi de rivaliser avec les assistants vocaux des GAFA mais en proposant une approche décentralisée, c’est-à-dire que le système ne nécessite pas de transmettre les données vers l’extérieur pour fonctionner, supprimant ainsi le besoin d’une connexion internet et plus rassurant en termes de sécurité pour les utilisateurs. Néanmoins, cette solution est encore réservée à un public averti ou avec des besoins spécifiques dû à sa complexité de mise en oeuvre et d’utilisation.

Avez-vous une vraie visibilité sur les offres disponibles et celles à venir ?

En effet en 2019, le standard du connecté va s’imposer petit à petit et nous savons qu’il n’est pas facile :
– De chiffrer et sélectionner les bonnes solutions technologiques parmi toutes les offres du marché ;
– D’être sûr que lors de la livraison des logements, ces solutions ne seront pas déjà obsolètes ;
– De répondre réellement aux besoins des acquéreurs et de garantir leur satisfaction.

C’est pour vous soulager de toutes ces problématiques que nous avons créé notre outil d’Aide à la Maîtrise d’Ouvrage SMART afin de vous accompagner de la conception à la commercialisation tout en assurant la satisfaction de vos acquéreurs après la livraison.

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